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Technique : peindre et "dépeindre"...


 

"La Nature est un temple, où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles :
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent..."

Extrait du poème "Correspondances" de Charles Baudelaire,
issu du recueil Les Fleurs du mal (1857)



A l'exception des collections abstraites, je dessine souvent mes toiles au crayon de papier avant de poser les couleurs, afin d'essayer de respecter les différents volumes, créer une certaine harmonie et « sentir » le résultat final.

Bien que j'aie souvent entendu chantonner : « La peinture à l'huile, c'est plus difficile, mais c'est bien plus beau que la peinture à l'eau », je peins presque toujours à l'acrylique.

Plusieurs raisons à cela :

  • D'abord parce que cette peinture est totalement écologique et que (ma principale source d'inspiration étant située juste au-dessus de la couche d'Ozone…), je suis soucieuse du respect et de la protection de notre environnement. La peinture acrylique se travaille avec de l'eau, tout simplement, et j'utilise pour vernir mes toiles, un vernis composé à 80% de résine naturelle ; jamais de produits chimiques avec solvants, ce qui est presque impossible lorsque l'on peint à l'huile, par exemple.
     
  • Ensuite, parce que la peinture acrylique est souple et agréable à travailler et qu'elle sèche très vite (1 à 3 heures selon l'épaisseur de la peinture sur la toile), ce qui me permet de superposer les couches tant que l'inspiration est encore là !

    Lorsque je m'essayais à la peinture à l'huile, la « petite flamme » n'était vraiment présente que lors du passage de la première couche et des premiers crayonnés. Deux semaines plus tard, lorsque ma toile était enfin sèche et que j'essayais de la reprendre, bien entendu l'idée de départ ne constituait plus qu'un souvenir aussi inaccessible qu'un rêve et je ne parvenais plus à saisir l'émotion "originelle", ni à refaire à l'identique mes mélanges de couleurs. Je préfère donc travailler une peinture qui me permet d'exprimer au mieux ce que je ressens, tout en laissant libre cours à l'inspiration fugace et magique du moment...
     
  • Enfin, la peinture à l'acrylique me permet de créer une variété de couleurs incroyable. Toutes ont une symbolique particulière à mes yeux ; je les vois un peu comme un poète ou un écrivain qui chercherait toujours « le mot le plus approprié » et non le plus usuel, pour décrire un état d'esprit ou un univers particulier.

S'il m'arrive d'utiliser du gel iridescent pour créer des effets de reflets, je mélange très rarement mes couleurs à d'autres composants (fixatifs, gels, médiums,...) ; j'aime les travailler à l'état naturel, totalement brutes, puis les nuancer en les diluant de plus en plus, pour obtenir un maximum de teintes, un peu comme l'on travaille à l'aquarelle. En effet, j'apprécie particulièrement les effets de lavis, qui confèrent aux tableaux un côté « onirique », irréel, empreint de poésie et de mystère.

Comme l'acrylique sèche très vite, ma technique consiste essentiellement à superposer les couleurs en couches de plus en plus légères, de plus en plus fines, pour créer des effets de transparences et de lumière. La dernière étape consiste ensuite à rehausser ces couleurs douces, un peu "fânées", de couleurs plus crues et plus vivantes, afin de créer des contrastes et conférer aux tableaux plus de profondeur.

Mes objectifs : émouvoir, faire vibrer, rêver et s'émerveiller !

En ce qui concerne mes collections abstraites, je peins essentiellement le ciel, l'au-delà tel que je l'imagine, mais aussi mes rêves, ce que je ressens à la lecture d'un livre ou d'un poème, ce qui m'angoisse ou ce que j'espère.  J'aime plus que tout jouer avec les symboles.

Dans le mode pictural, je ne cherche pas tant à dépeindre une réalité, qu'à faire passer des émotions ; notamment à travers des regards expressifs (qui questionnent les personnes qui les observent plutôt que de s'offrir à eux) et une vision "romantique" de la vie, au sens littéraire du terme.

Je ne peins volontairement pas les ombres, ou alors très peu, car (même si cela est tout sauf une technique « académique »), j'aime à croire que la lumière est omniprésente, qu'elle émane de partout en même temps et prime sur toute autre chose. D'ailleurs, j'appréhende très mal les ombres et les perspectives. Si les peintres cubistes voyaient leur univers en 3D, moi je le vois « à plat », comme l'on voit ses rêves ; comme si les paysages étaient déjà couchés sur une feuille de papier ou une toile ; comme si l'expression de mes personnages avait été saisie en un clin d'oeil puis figée dans le temps de façon éternelle, à la manière d'une photographie…

D'ailleurs, je peins un peu comme si je prenais une photo : quand une idée me traverse l'esprit et qu'elle me plaît, j'imagine le tableau terminé, accroché à une cimaise, puis lui associe d'emblée un nom, pour ancrer cette image dans ma mémoire. Il ne me reste plus alors qu'à donner vie à cette "vision" en peignant le tableau. L'idée de base évolue parfois. Cependant, en règle générale, j'essaie de lui rester fidèle, "la première impression étant toujours la bonne"...



Si j'aime utiliser un arc-en-ciel de couleurs, le bleu (notamment le turquoise) est le fil conducteur de la plupart de mes tableaux. C'est la couleur de la mer, mais aussi celle du ciel, que je ne me lasse pas d'admirer. Ce ciel, je l'aime, car il appartient à tout le monde, bien que personne n'en soit le maître.

C'est un espace éternel, fait de perfection et d'harmonie, inaccessible, mais source d'inspiration permanente ; un espace entre hier et demain, où la liberté prend son essence et l'imagination, son envol.

Enfin, j'aime autant peindre que "dépeindre". Je construis toujours mes tableaux comme si j'écrivais un roman policier : chacun a une histoire dont le public doit chercher la clef, et recèle un message particulier. Certains tableaux sont même liés entre eux ; il faut les regarder comme si l'on lisait une trilogie, pour en comprendre tout le sens. En règle générale, les énigmes sont contenues dans les titres des tableaux...

A la manière d'André Gide, je donnerai donc aux amateurs du genre un conseil : "Que l'importance soit dans votre regard, non dans la chose regardée"...

"Qui dit "romantisme" dit "art moderne" ; c'est-à-dire intimité, spiritualité, couleur, aspiration vers l'infini. "

Charles Baudelaire
Lumière sur...


"Aux confins de l'Ether"


"Berceuse pour un monde
à naître"


"Alchimie stellaire"


"Vibrations cosmiques"


"Zéphyr"


"La promesse de Jeanne"


"Ex Nihilo"


"Il était une étoile..."


"Poésie astrale"

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