En route pour Ninive
Titres
>>> Titre complet : En route pour Ninive
Titre en anglais : Sailing To Nineveh
Descriptif
Support : Bois (+ cadre offert)
Taille réelle : 20 x 20 cm
Référence : V-221
Copyright : EB-00046741
Pièce unique
Status : Disponible
Exclusivité Web
Un tableau, une histoire...

Il arrive que nous sachions parfaitement où nous devons aller… et que nous prenions pourtant le chemin opposé. Cette peinture puise dans l’épisode biblique de Jonas, cet homme auquel Dieu demande de se rendre à Ninive et qui, refusant la mission qui lui est confiée, choisit de fuir par la mer. Mais peut-on véritablement échapper à ce qui nous appelle ? La toile semble tout entière habitée par cette question. Sur l’étendue turquoise, lumineuse en apparence, une forme monumentale surgit comme un navire impossible. Ses voiles (si ce sont des voiles !) se dressent, se croisent et se déchirent dans une profusion de jaunes, de roses, de verts et de pourpres. Quelque chose avance avec puissance, mais rien n’indique véritablement dans quelle direction. La matière elle-même paraît hésiter. Elle s’élance puis revient, bifurque, se replie, repart ailleurs. Les grandes courbes jaunes pourraient dessiner une coque, une vague ou un croissant de lumière, tandis qu’au centre, les lignes se resserrent comme si toutes les forces contradictoires de la toile venaient s’y affronter. Car Jonas ne fuit pas seulement Ninive. Il fuit une parole qu’il ne veut pas entendre. Il fuit une responsabilité. Peut-être fuit-il aussi cette part de lui-même qui sait déjà que certains voyages ne peuvent être évités. La mer devient alors le territoire de cette résistance intérieure. Elle n’est plus seulement l’océan de l’existence : elle devient l’espace où nos certitudes sont mises à l’épreuve. Nous pouvons choisir notre bateau, hisser nos voiles, décider d’un cap et nous persuader que nous sommes maîtres du voyage ; il arrive pourtant que la vie nous ramène obstinément vers ce que nous cherchions précisément à éviter. Et c’est là que le récit de Jonas dépasse largement sa dimension religieuse. Qui n’a jamais connu sa propre Ninive ? Cette décision que l’on repousse. Cette vérité que l’on contourne. Cette vocation que l’on tait. Ce pardon que l’on refuse. Ce changement dont on connaît intimement la nécessité, mais devant lequel quelque chose en nous résiste encore. Ce tableau semble saisir cet instant précis : celui où la fuite est encore possible, mais où elle commence déjà à ressembler à un détour. Ses couleurs éclatantes empêchent pourtant toute lecture sombre. Il y a du tumulte, certes, mais également une extraordinaire vitalité. Comme si l’erreur de direction appartenait elle aussi au voyage. Comme si nos refus, nos égarements et même nos tempêtes pouvaient participer, mystérieusement, à nous conduire là où nous devions aller. Jonas devra connaître la mer, la peur, la tempête et les profondeurs avant d’accepter finalement sa route. Peut-être certaines destinations exigent-elles précisément cela de nous : que nous nous perdions suffisamment longtemps pour comprendre pourquoi elles nous attendaient. Ce tableau devient ainsi moins le récit d’une obéissance que celui d’une confrontation avec soi-même. Car nous sommes libres de prendre tous les chemins de traverse. Libres de résister. Libres de partir vers l’autre bout du monde. Mais certaines voix intérieures possèdent une étrange patience. Et parfois, après avoir navigué longtemps pour leur échapper, nous découvrons que le chemin que nous refusions était peut-être celui qui devait nous ramener à nous-mêmes.
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